Les qualités techniques de la pierre sèche

La « pierre sèche » est un mode constructif caractérisé par un assemblage de pierres posées sans liant. Ce liant, qui dans les murs en pierres maçonnées est constitué d’un mortier de sable et chaux ou ciment, est dans le cas qui nous intéresse remplacé par un calage « à sec » de chaque module constituant l’ouvrage. Cette typologie lui confère d’excellentes capacités pour éviter de faire barrage à l’écoulement des eaux et s’adapter aux mouvements du sol d’assise. Il est question ici de la technique de la pierre sèche dans son ensemble, construction et restauration des murs de soutènement, de clôture et des bâtis. Les environnements concernés sont ceux de l’habitat, de l’agricole, du routier et des chemins.

Le mur de soutènement en pierre sèche :

  • est un « mur-poids », stable de par lui-même, qui par sa propre masse et par le respect des règles de l’art lors de sa mise en œuvre, retient la poussée des terrains.
  • draine et régularise le taux d’humidité des sols à l’arrière du mur. Le drainage est proportionnel au volume et à la surface du mur.
  • stocke des calories produites par le soleil. L’inertie thermique (stockage des calories) d’un mur en pierres sèches est de l’ordre de 12 heures. Autrement dit, dans la journée le mur chauffe et la nuit il restitue au sol et à l’air une partie des calories, tempérant ainsi le site. Ces calories participent aussi à l’évaporation de l’humidité à l’arrière du mur, ce qui a pour effet d’augmenter l’effet régulateur hydrique et thermique.
  • offre un habitat favorisant la pleine diversité des espèces végétales et animales. C’est une niche écologique qui participe à la fertilité des sols et à l’équilibre biologique, créant ainsi un écosystème propice à l’agriculture.
  • permet d’optimiser tant la surface que l’entretien des cultures sur les terrains en pente.
Le mur en pierres sèches est résistant par la souplesse de sa structure, il peut subir de légers mouvements sans être déstructuré. Il « encaisse » les vibrations (trafic routier, secousses telluriques, mouvements géologiques, chocs lors des inondations, etc).
Le grand avantage du mur en pierres sèches tient à la nature drainante de sa structure. L’absence de mortier permet à l’eau de s’écouler entre les pierres. Le mur de soutènement en pierres sèches retient la terre et permet aux eaux de pluie de s’écouler en ralentissant leur cheminement. Toutes les terrasses d’un versant servent, en fait, de bassin de rétention, et constituent une prévention aux risques d’inondation, (exemple du Gard et des terrasses cévenoles).
En cas de sécheresse, ces mêmes terrasses servent de réserve d’eau. Sa restitution est différée dans le temps. La terrasse de terre, retenue par le mur en pierres sèches, joue un peu le rôle d’une grosse éponge.

Une succession de terrasses de pierre sèche, participe à :

  • Créer un micro climat qui tempère le site avec une régulation thermique et hydrique.
  • Protéger contre l’érosion des sols.
  • Créer un écosystème participant à l’équilibre écologique du milieu naturel
  • Développer une image positive de la production (« marketing territorial »)
Par ailleurs, les sols recouverts en calades de pierres sèches montrent une résistance particulière, dans le temps, aux phénomènes d’érosions hydrauliques et humains.

Arguments pour la pierre sèche