Historique

Les murs en pierre sèche sont bâtis sans aucun liant entre les différentes pierres de tous calibres qui les constituent. Cette technique ancestrale a été utilisée partout dans le monde où l’homme avait besoin de modeler les terrains pour cultiver, bâtir ou pour circuler d’un point à un autre. Empirique au départ, le système constructif « pierre sèche » a évolué de siècle en siècle mais a été momentanément délaissé avec l’exode rural et l’arrivée des matériaux industriels.

En France, l’exode rural, commencé à la fin du XIXème siècle, fut aggravé par les pertes humaines des deux guerres (1914/18 et 1939/45). La vie autarcique des populations rurales, basée sur une agriculture vivrière, n’a pu rivaliser avec les salaires attractifs de l’industrie et des mines. L’attrait du confort urbain contribua à vider les régions de leurs forces vives, faisant disparaître peu à peu tout un mode de vie traditionnel basé sur une occupation particulière de l’espace.

Ainsi, on a pu assister à l’abandon progressif de l’entretien de ce patrimoine pierre sèche, une grande partie des ouvrages allant même jusqu’à disparaître. L’arrivée du ciment, suivi du béton armé et des éléments préfabriqués industriellement, s’auréola du mythe de la « modernité », persuadant les derniers habitants de ranger définitivement l’usage de la pierre sèche au musée “des arts et traditions populaires”. Cependant, ces dernières décennies nous ont fait découvrir les limites et les aberrations de l’utilisation non raisonnée de ces nouvelles techniques, et peu à peu la perception de cette « modernité industrielle » est remise en cause.