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Mur de soutènement routier en granit, commande publique, 2012, Felletin, Creuse (23)

Actualité : La filière pierre sèche aujourd’hui

 

 Des étudiants de l’Ecole Centrale de Lyon sous le tutorat d’Eric Vincent du département du Génie Civil et environnement, ont travaillé sur une étude « Murs de soutènement, comparaison environnementale et financier des différents technologies » en prenant en compte le bilan énergétique et écologique.

 

Le résumé :

Cette étude a pour objectif d’établir une comparaison entre 3 technologies de réalisation de murs de soutènement : la technologie ancienne de pierres sèches, la technologie béton et enfin la technologie plus innovante des gabions. La comparaison est réalisée selon les critères à la fois financiers et environnementaux, détaillé à chaque étape du cycle de vie d’un mur, de la production à l’acheminement des matières premières jusqu’à la phase de destruction.

« L’enjeu est de connaître dans quelles conditions (hauteur du mur etc.) et dans quelle mesure un mur en béton peut se révéler plus couteux et plus désavantageux  pour l’environnement qu’un mur en pierres sèches ou de gabions. Cas derniers, réalisés à partir des matériaux locaux, présentent en effet a priori un avantage en termes de coût et d’impact sur l’environnement. »

Des artisans ABPS ont travaillé avec les étudiants pour donner les éléments concrets et chiffrés des chantiers en pierre sèche.

L’étude a été publiée pour la première fois en mars 2009. Elle a ensuite été retravaillée et améliorée en 2014. La dernière étude  est disponible  en téléchargement ici.

 




  Actualité : La filière pierre sèche aujourd’hui

Les qualifications pour la filière

Il existe aujourd’hui deux qualifications « pierre sèche » reconnues au niveau national par la filière du bâtiment et des travaux publics.  La plus récente, le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Niveau III « Compagnon professionnel en pierre sèche » a été homologué par les Commissions Paritaires Nationales de l’Emploi conjointes du Bâtiment et des Travaux Publics (CPNE BTP) le mardi 7 octobre 2014 à Paris.

Ce deuxième niveau de qualification est la suite du CQP niveau II « Ouvrier professionnel en pierre sèche », qui a été lui-même renouvelé pour 5 ans le 3 décembre 2013. Le CQP niveau III s’adresse aux bâtisseurs confirmés, ayant déjà le niveau II. Des premières évaluations ont été mises en place pour des candidats libres dès le printemps 2015, sur le site de l’Ecole Professionnelle de la Pierre Sèche. Celui-ci est installé à l’Espinas en Cévennes, où une plate-forme nationale de qualification a été créée.

Comme pour le niveau II, cette qualification a été élaborée par des bâtisseurs professionnels du Languedoc-Roussillon, de l’Auvergne et de PACA, au sein de la commission « Formation et Qualification » ABPS, en partenariat avec la Fédération Française du Bâtiment du Gard. La grille d’évaluation a été testée lors d’une épreuve expérimentale au Relais d’Espinas en Cévennes en octobre 2013. Un regard extérieur a été apporté par deux mastercraftsmen de la  « Dry Stone Walling Association of Great Britain». L’association ABPS a également  invité Paul Arnault (84) à participer à titre personnel comme membre du jury expérimental.

Ce travail d’ingénierie a été financé par la région Languedoc-Roussillon et le Fonds Social Européen (FSE).

C’est l’association ABPS qui a la charge au niveau national de coordonner les épreuves des CQP « pierre sèche », niveaux II et III. Elle a également élaboré un référentiel de formation pour le CQP niveau II, utilisé et affiné chaque année depuis 2009 en Cévennes lors d’une formation CQP « Ouvrier professionnel en pierre sèche ». Ces actions sont financées par la région Languedoc-Roussillon dans le cadre de la formation professionnelle. C’est un système qui commence à essaimer sur le territoire français (Haute-Marne, Alpes de Hautes Provence, Creuse, et la Corse en 2015…)

 

L’association ABPS accompagne sur demande des centres souhaitant mettre en place cette formation, par transfert d’expérience. Des épreuves sont également délocalisées depuis 2011 en partenariat avec les organismes et les territoires qui le souhaitent.

La création d’un système de qualification français participe à la reconnaissance du métier et à la structuration de la filière « pierre sèche ». Les professionnels se qualifient pour promouvoir leurs compétences, dans un marché en évolution.  Aujourd’hui,  115 personnes ont été reçues au CQP N2, issues de 18 départements différents de France (10 régions) ainsi que de la Belgique, de la Grande Bretagne et de l’Espagne. Les donneurs d’ordre commencent à inclure la qualification dans leurs cahiers des charges. 

 

Un accompagnement pour les donneurs d’ordre

L’association ABPS accompagne sur demande des donneurs d’ordres et prescripteurs qui  souhaitent élaborer des Cahiers de Clauses Techniques Particulières (CCTP) spécifiques aux ouvrages en pierre sèche. Elle réalise aussi des diagnostics et donne des conseils de restauration d’ouvrages partout en France. La liste complète des professionnels qualifiés CQP, tenue à jour par l’association, est diffusée lors de chaque action de conseil auprès des futurs prescripteurs, permettant aux donneurs d’ordre d’identifier les entreprises qualifiées. 

 

La garantie décennale

Bien que beaucoup d’ouvrages en pierre sèche ne soient pas soumis à la garantie décennale (terrasses agricoles, voiries…), certains donneurs d’ordre exigent des artisans qu’ils souscrivent cette assurance, surtout dans le domaine public. Jusqu’alors les compagnies n’ont pas pris en compte les ouvrages en pierre sèche dans l’assurance des entreprises, ou alors très rarement. C’est un frein pour beaucoup de professionnels de la pierre sèche, qui ont du mal à obtenir un contrat d’assurance prenant en compte cette activité spécialisée.

L’association ABPS a été contactée par la MAAF au niveau national, qui a demandé un travail sur l’assurabilité des ouvrages en pierre sèche, prenant en compte l’environnement, la technicité et les compétences nécessaires pour les réaliser. Un cadre de référence a été élaboré, qui est en train d’être transféré à d’autres compagnies d’assurance. Ce travail est intiment lié à la reconnaissance des règles professionnelles.

 

Les « règles professionnelles » de la pierre sèche

Suite à la demande de partenaires scientifiques, l’association ABPS rédige les règles professionnelles pour la pierre sèche.  L’Agence Qualité Construction (AQC) qui reconnaît les règles professionnelles des « techniques courantes » du BTP au sein de la Commission Prévention Produits (C2P), a reçu la demande de création de ces règles professionnelles, et a accepté de l’examiner en commission. L'Agence Qualité Construction regroupe 38 organisations professionnelles de la construction autour d'une même mission : prévenir les désordres dans le bâtiment et améliorer la qualité de la construction. Les règles professionnelles reconnues par cette agence portent normalement sur des constructions « clos et couvert », mais les règles professionnelles pour les constructions en pierre sèche concerneront les ouvrages qui sont « accessoires au bâtiment ». 

Ce travail est porté par l’association ABPS, par un comité de rédaction regroupant des grandes écoles françaises d’ingénieurs et d’architectes et par la Fédération Française du Bâtiment. La CAPEB est également intéressée par cette initiative. Cette démarche devra renforcer la visibilité des techniques de construction en pierre sèche auprès des assureurs et donneurs d’ordres et contribuera à faire avancer le marché.

 

La recherche scientifique

L’association ABPS participe aux programmes nationaux de recherche scientifique sur les techniques de construction en pierre sèche, avec des artisans qui agissent en tant qu’experts sur des ouvrages qu’ils ont bâtis et qui font l’objet de tests (Le pont de Chaldecoste (48), le mur de soutènement routier de Felletin (23), ainsi que pour l’étude des perrés de haute montagne. Les artisans réalisent également des ouvrages expérimentaux dirigés par les scientifiques, afin de mieux comprendre la résistance et la souplesse des murs.  L’association ABPS joue aussi un rôle dans la diffusion et la vulgarisation des résultats.

Au printemps 2014 et 2015, 4 bâtisseurs ABPS ont participé à une action de recherche appliquée à Lyon, avec des tests pour étudier le rôle et le comportement des perrés dans les barrages en enrochement.

Un projet d’installer une plate-forme de recherche nationale pour la pierre sèche au site ABPS à l’Espinas en Cévennes est à l’étude pour 2016.

 

L’approvisionnement en pierre

L’association ABPS travaille, depuis sa création en 2002, avec des carriers de plusieurs départements français au sujet de l’approvisionnement en pierre. La carrière représente l’un des maillons de la filière « pierre sèche », il est donc impératif de maintenir de petites exploitations artisanales qui permettent de fournir localement une pierre adaptée à ce système constructif. Le développement du marché de la pierre sèche procure un produit de vente supplémentaire aux carriers, mais il faut les sensibiliser sur les besoins spécifiques des bâtisseurs en termes de fourniture.

Le député de la Lozère, Pierre Morel-à-l’Huissier, accompagne la problématique des petites carrières à l’Assemblée Nationale, et a demandé à l’association ABPS de participer à ces travaux.

 

Le développement d’un pôle pierre sèche et lauze 

A la demande des  services de l’Etat de la Lozère et de l’Aveyron (Parc national des Cévennes, préfectures), l’association ABPS se joint à d’autres organismes regroupant des carriers et des lauziers pour travailler ensemble sur « les filières des lauziers et bâtisseurs du territoire UNESCO ». Le territoire « Causses et Cévennes » a été inscrit par l’UNESCO en 2011 au Patrimoine Mondial de l’Humanité dans la catégorie « des paysages culturels évolutifs et vivants sur le thème de l’agropastoralisme méditerranéen ». Il s’est donné pour vocation de devenir un « territoire pilote » d'expérimentation et d'innovation, permettant notamment de valoriser l'implication des artisans, la dynamique inter-associative et la rencontre de filières complémentaires. Cette démarche, qui constitue le socle d'une politique publique de valorisation du patrimoine et de savoir-faire dans une perspective de développement durable en favorisant les circuits courts, implique déjà la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et pourra être transférée vers d’autres régions.

 

Une « Charte de partenariat » pour définir la place de l’entreprise artisanale et la place des chantiers d’insertion concernant le marché de la pierre sèche

La pierre sèche est considérée par les structures d’insertion comme un support intéressant et valorisant pour les salariés. La pierre sèche est à la fois un mode d’expression manuelle et un travail d’équipe, qui se déroule souvent dans un contexte de paysages identitaires et dans des lieux magnifiques. Pour les entreprises classiques, le travail des chantiers d’insertion est parfois vécu comme une concurrence déloyale. Compte tenu de l’action importante dans la pierre sèche des structures d’insertion avec des donneurs d’ordres publics, l’association ABPS travaille avec l’association FAIRE (30) depuis 2011 sur la notion de la complémentarité des structures, au lieu d’une concurrence entreprise classique/entreprise d’insertion. Une    « charte de partenariat » a été rédigée, qui définit les rôles et compétences de chacun, les types de chantier qui peuvent être considérés comme « non-marchand » et inversement les chantiers qui, au niveau de leur technicité, exigent l’intervention d’un artisan spécialisé.

Cette démarche a déjà été présentée aux services des conseils généraux de la Lozère, de l’Ariège, du Vaucluse et de la Haute-Marne, et en 2014 aux représentants des services de l’Etat et du Conseil Général du Gard. Elle présente un fort intérêt transférable et l’association ABPS continue sa diffusion.

 

Un réseau européen de professionnels de la pierre sèche

Entre 2012 et 2014, l’association ABPS a piloté et coordonné un partenariat européen regroupant des organismes concernés par la pierre sèche en Italie, Espagne, Grande Bretagne et France. Ce travail a été financé dans le cadre des fonds européens  « Leonardo da Vinci ». Six visites ont eu lieu tout au long de cette action, chez les partenaires des différents pays.

Un objectif majeur du projet était de faciliter des rencontres entre bâtisseurs, permettant des échanges techniques et l’initiation d’un réseau européen professionnel. Les ateliers “sharing walling” constituaient un élément de chaque visite, l’opportunité de travailler côte à côte,   « d’apprendre en faisant ». Un lexique de termes techniques et pratiques en quatre langues a été élaboré pendant ces échanges. Le projet a aussi été utilisé comme un tremplin pour certaines régions. Par ailleurs, des conférences et démonstrations y ont été organisées dans le but de promouvoir la pierre sèche.

 

Les partenaires ont missionné un cinéaste pour créer un documentaire sur le thème du métier de bâtisseur en pierre sèche en Europe aujourd’hui. Sous-titré par chaque partenaire, ce documentaire sera projeté dans des conférences, des écoles et des collèges pour promouvoir le métier et encourager les jeunes à se former. Un autre résultat, moins tangible, était la création d’un réseau européen. Certains bâtisseurs ont travaillé ensemble, fourni des coordonnées d’autres bâtisseurs à des clients potentiels, et tissé des relations d’amitié. Trois bâtisseurs étrangers sont venus passer leur qualification en France pour renforcer leurs compétences. L’objectif est de promouvoir la mobilité des professionnels en Europe, par exemple sur des chantiers partagés.  Des chantiers de ce type ont eu lieu en 2014 en Grande- Bretagne et en Corse, en 2015 en Espagne.

Les coordinateurs ont également échangé sur les dispositifs de formation et de qualification de chaque pays pour comparer les meilleures pratiques, apprendre des expériences de chacun et développer des idées nouvelles. Un référentiel commun pour une formation d’initiation de 5 jours a été élaboré et traduit dans les quatre langues : français, anglais, espagnol et italien.

Les résultats du projet incluent un documentaire, un lexique multilingue, un référentiel de formation et des courts-métrages des visites. Ils sont disponibles sur le site web de l’action qui a été créé pour diffuser les résultats: https://sites.google.com/site/sharingdrystonewalling  

 

Pour plus d’informations sur l’association ABPS et ses actions, et sur le système de qualification « pierre sèche », veuillez contacter l’équipe aux coordonnées ci-dessous :

04 66 32 58 4704 66 32 58 47; wwwpierreseche.fr

Cathie O’Neill, Directrice ABPS : cathieoneill@abps.fr

Laurence Salles, secrétaire comptable : laurencesalles@abps.fr

Emma Titouah, assistante de projet : emmatitouah@abps.fr

 

le dire à un ami

ARTISANS BâTISSEURS EN PIERRES SèCHES  - École professionnelle de la pierre sèche, Espinas - 48160 Saint Andéol de Clerguemort - France - Téléphone : 04 66 32 58 47 / 06 32 08 84 67 - SIREN : 449 829 423  - 
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